Mardi 27 mai 2008

Alors là, je dis stop !

Je n'en peux plus de l'Eurofoot. Pour ceux et celles qui ne seraient pas au courant, dès le 7 juin, c'est l'Eurofoot, co-organisé par la Suisse et l'Autriche. Je suis sidéré de voir à quel point on ne parle plus que de ça ! Les retombées financières valent-elles le coup ? Il paraît que oui, mais je finis par en douter, après toutes les adaptations qu'on fait à droite et à gauche.

Par où commencer ? Par le plus con, allez. En l'honneur de l'Eurofoot, la ville de Genève n'a rien trouvé de mieux que d'installer au sommet du jet d'eau un ballon de football géant. Coût de l'opération : environ 350'000 francs. Le meilleur arrive maintenant : dès que le vent souffle à plus de 30 km/h, il faut le redescendre par sécurité. Ce qui arrive souvent vu la situation de la ville. Et... très récemment, le ballon a connu le sort de beaucoup de ballons : il a crevé. Déchiré. Foutu.

Retour à l'envoyeur en espérant qu'il soit réparé à temps pour trôner à nouveau sur le jet d'eau d'ici le premier match et les premiers touristes qui devront subir cet affront...

Comment gâcher le paysage !!!! Petite photo pour vous montrer combien c'est laid. 

Ce n'est qu'un aspect du problème. Il faut aussi voir le dérangement pour les bordiers du stade ! Autorisation de parquer la voiture, preuve qu'on habite dans le coin. C'est là que je réalise ce que vivent les habitants de Davos, chaque année, pour le forum économique mondial. Quelle horreur... Les commerçants aussi ont été priés de changer certains de leurs habitudes : de servir dans des verres en plastique pour éviter des lancers de chopes et autres récipients en verre. Tollé général. Du coup, ils seront plus ou moins libres de décider. Je vous passe encore les détails de réaménagement du stade aux normes de l'UEFA !

Et maintenant le plus grave de tout : la plaine de Plainpalais. 

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la plaine de Plainpalais.

Il s'agit d'une large place en losange qui devrait être le poumon de Genève. D'ailleurs, si le donateur a décidé de la léguer à la ville, c'est bien à cette condition : que l'endroit reste un espace vert. Et tout autour de la place se tiennent les puces et le marché plusieurs fois par semaine. C'est agréable comme tout.

Depuis quelques temps, le vert vire au gris. D'abord, il y a eu les cirques (du Soleil, Knie...) qui nécessitent qu'une bonne portion soit bétonnée pour s'installer. Passe encore le cirque. Mais l'autre jour, que ne découvré-je pas en émergeant de l'université ?

Il est  impossible de traverser Plainpalais.
Oui, littéralement impossible !

Comment se fait-il ? Mais tout simplement parce qu'un grillage entoure la plaine et qu'on ne peut pas le franchir. Pourquoi ? L'Eurofoot ! C'est sur la plaine de Plainpalais que sera installé le "village" de l'Euro... Donc, ils bétonnent à fond, ils aménagent tout ça pour le 7 juin, date des festivités. Alors à la rigueur, moi je peux faire le tour. Je suis arrivé en retard à mon match de badminton, mais je peux prendre le temps et accomplir cet effort. Mais a-t-on pensé aux personnes à mobilité réduite ? Non, pas une seconde. Sacrifiées sur l'autel de la rentabilité sportive. 

Cela m'a fait penser à la sculpture Tilted Arc de Richard Serra.

La sculpture a été placée en 1981 sur la Federal Plaza de New York. Comme on le voit, elle traverse toute la place et la coupe littéralement en deux. Très vite, des voix s'élèvent pour dénoncer cette oeuvre (qui, disons-le franchement, n'est qu'une vaste plaque de métal courbe). Pétition, procès. Serra affirme que l'oeuvre est détruite si elle doit déménager. Finalement, la justice le donne perdant.

Résultat : Tilted Arc est coupé en trois morceaux et évacué.

Sur une version installée en Allemagne d'une sculpture très proche de Tilted Arc, toujours de Serra, mais dont je n'ai pas pu retrouver de photo, quelqu'un a sprayé en blanc les mots suivants : "560'000 [DM] für diese Scheisse". Est-il besoin de traduire ?


PS : on appréciera les nombreuses photos de cet article, je me démène !

 

Par Guy - Publié dans : Politique
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Dimanche 18 mai 2008

Bon. Il se trouve qu'après le succès de l'article intitulé "Les singes de la sagesse" qui m'a valu de voir mon blog rank bondir à 12, chiffre jamais atteint... (Eh oui, je me vante !) Je me suis largement reposé sur mes lauriers. Et surtout, ça fait longtemps que je réfléchissais à l'idée de personnaliser l'espace que j'ai choisi de m'attribuer pour exprimer mes idées.

C'est donc un peu chose faite avec cette nouvelle bannière d'accueil et ces nouveaux titres de blocs à droite de votre écran. Je ne vous raconte pas la galère pour arriver à la créer et à la calibrer dans l'espace y relatif ! Mais bon, j'ai vaincu over-blog ! Félicitez-moi.

Petit passage en revue des cases qui figurent dans la bannière, au cas où vous auriez un petit souci d'identification. Dans l'ordre nous avons :

1. Un théâtre (inconnu car chipé sur le net), en raison de mon amour pour l'art de la scène.

2. Deux moutons, qui nous renvoient à nous-mêmes : sommes-nous indépendants ou conditionnés ? (Eh puis ils sont mignons dans leur verte nature !)

3. Une belle oeuvre de Mucha, artiste tchèque (1860 - 1939) dans la mouvance Art nouveau qui est un mouvement que j'aime.

4. Une jeune Japonaise dans un jeu de pêche de foire, photo tirée d'un agenda des éditions P.Picquier spécialiste de l'Asie.

5. Un joli petit couple gay en figurines de gâteau de mariage (mon rêve perso).
La photo apparaît avec l'aimable autorisation de son auteur : www.olivierevrard.be

6. Le mime Marceau parce que Pierrot me fascine dans les poèmes de Laforgue.

7. Une toile de Degas, peintre que j'adore pour son souci de l'instant, représentant des danseuses d'opéra.

Voilà, n'hésitez pas à me donner votre avis sur ces images, surtout si vous connaissez quelques liens intéressants sur le sujet.

Par Guy - Publié dans : Histoire du blog
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Jeudi 8 mai 2008

Je voulais écrire un article sur cette pièce depuis longtemps. Je l'ai lue pour la première fois il y a trois ans, depuis je la lis une fois chaque année, juste pour le plaisir. Je la trouve tout simplement éblouissante. Mon seul regret est de ne pas avoir encore eu l'occasion de la voir sur scène : elle n'a pas été montée dans ma région ces derniers temps.

Deux conditions pour devenir aussi admiratif que je le suis : aimer la mythologie et la langue française. La pièce est en effet truffée de jeux de mots et de sous-entendus. Pour pouvoir les identifier si on n'est guère versé dans ces idées-là, je vous recommande l'édition des Petits classiques de Larousse, présentée par Françoise Létoublon. Il y a aussi un petit dossier très complet. Mais lisez la pièce avant les pages introductives, sinon vous saurez la fin, ce serait dommage.

Ecrite par Jean Giraudoux, la pièce a été représentée pour la première fois le 21 novembre 1935 sous la direction de Louis Jouvet. Elle se veut une adaptation moderne du sujet qui occupe une bonne partie des récits d'Homère, la guerre de Troie, et une transposition à la scène du contexte politique de son époque. A travers les personnages mythologiques, Giraudoux dénonce la montée vers la guerre qui a lieu dans les années 1930, lui que sa carrière diplomatique a placé au premier rang d'observateur des grands enjeux internationaux. Savoir qu'il l'a écrite avant la guerre est incroyable quand on la lit.

Je ne vais pas vous raconter toute la pièce. Seulement le début, histoire de vous mettre l'eau à la bouche. A Troie règne la famille du roi Priam. Celui-ci est marié à Hécube et a quatre enfants, dont trois sont les principaux protagonistes de la pièce : Hector, son aîné, est un grand guerrier, Pâris, son cadet, un jeune amoureux passionné, enfin sa fille, Cassandre, a reçu de Zeus le don de prophétie, mais elle est également condamnée à n'être jamais crue.

Pâris est intervenu comme juge dans une querelle de déesses qui se disputaient le titre de beauté. En récompense, il reçoit Hélène, reine de Sparte, et l'emmène dans sa ville natale de Troie. Mais il y a un hic : Hélène est mariée, et son mari Ménélas entend la récupérer. Il assemble donc le reste de la Grèce pour attaquer le royaume de Troie. La pièce s'ouvre alors que Hector, le héros guerrier, est de retour au pays après de rudes batailles. Alors qu'il retrouve tout juste son épouse Andromaque, qui est enceinte, il découvre la situation : l'enlèvement d'Hélène et la guerre imminente. Il va s'acharner à éviter la guerre, aidé par les femmes de Troie qui refusent un nouveau conflit qui éloigneraient à nouveau leurs maris et leurs fils. Mais Priam, Pâris et les vieillards concupiscents de la ville veulent garder la ravissante Hélène.

La question est donc posée : la guerre de Troie aura-t-elle lieu ? Titre rhétorique génial, La guerre de Troie n'aura pas lieu nous place d'emblée devant un conflit d'idées : nous savons pertinemment, nous, qu'elle a eu lieu. Tout l'enjeu est là. La première réplique, placée dans la bouche d'Andromaque, est adressée à Cassandre, la prophétesse qui n'est jamais crue : "La guerre de Troie n'aura pas lieu, Cassandre !"

Il faudra attendre la dernière réplique pour savoir si l'épouse d'Hector avait raison.


Par Guy - Publié dans : Coups de coeur
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